mercredi 8 avril 2009

Récupération

Vendredi. Jour de récupération. Le camion passe tôt en matinée pour transformer mon bac débordant de choses recyclables (ça se recycle, des poils de chat, n'est-ce pas ?) en une boîte de plastique verte remplie de néant (ça, ça ne se recycle apparemment pas.) À mon réveil, par une douce journée de congé, j'eus une belle vue sur mon bac, l'ouverture contre le bitume, alors que je regardais par la fenêtre. Or, voilà, il n'était pas seul. Quatre autres bacs l'accompagnaient sur le trottoir, tous face contre terre. Ils étaient là, les cinq, devant l'escalier menant à ma porte. Et si quelque chose se cachait en dessous de ces petits chevaux de Troie ? Est-ce qu'on tentait de pénétrer ma forteresse ? Qui étaient-ils ? D'habiles contorsionnistes ? Des ninjas ? Des tueurs à gages nains ? Des animaux de compagnie jaloux ? Chose certaine, c'était louche qu'ils soient agglutinés si près de ma porte d'entrée. J'avais si peur d'un piège que j'ai attendu deux jours avant d'aller cueillir mon bac de récupération. En le soulevant, il n'y avait rien. Cependant, j'ai détecté une odeur suspecte. Quelqu'un avait séjourné sous cet abri, j'en étais sûre. Je n'ai pu vérifier les autres bacs puisque mes voisins les avaient ramassés depuis déjà longtemps. Pauvres naïfs.

Ce vendredi, je ferai le guet durant la cueillette de la récupération afin d'éliminer toute tentative d'intrusion dans ma demeure. Dans ma vie.

mardi 7 avril 2009

Après Minuit

Après minuit, dans les rues de mon quartier malfamé, j'ai peur de mon ombre, plus encore que de tout ce qui m'entoure...

mardi 24 mars 2009

Débat intérieur

Parfois, j'ai presque raison d'avoir tort.

lundi 23 mars 2009

Laine


Le satin, le velours, le cachemire. Trop doux pour moi. Je veux quelque chose qui décape, quelque chose qui déchire. Tout en laine. Que ça pique comme il faut, que je le ressente comme il se doit. Laine d'acier. Encore mieux. Je veux que ça arrache les peaux qu'on croyait mortes, que ça exfolie mes craintes. Quand c'est trop douillet, je m'engourdis. Je veux continuer d'avancer. Enveloppée dans la laine, chaude et piquante, je crois que je pourrai y arriver. En attendant, j'irai nue, avec le froid qui me claque la peau, mais qui me garde éveillée.

Et si jamais vous croisez une jeune femme aux yeux brillants ruisselante de pluie, donnez-lui une couverture en laine pour la réchauffer, pour l'apprivoiser.

mercredi 18 mars 2009

Excès d'incertitude

Il faut douter de tout. Surtout du doute lui-même.

lundi 16 mars 2009

Agents troubles

Aventureuse, j'étais bien déterminée à découvrir leur repère. Ils se jouaient de moi depuis beaucoup trop longtemps, ça ne pouvait continuer ainsi. J'étais prête à me battre, j'allais attaquer au lieu de devoir me défendre sans cesse contre leurs combines de malfrats. Et si je ne survivais pas à cette opération solitaire, j'aurais au moins pu me dire que j'avais tout essayé.

Tout indiquait que leurs plans se concoctaient dans un vieil entrepôt, dans l'est de la ville. Je m'y rendis à la tombée de la nuit, armée de mon expérience et d'une méfiance immense, fruit de toutes leurs sournoiseries du passé. C'était silencieux. Trop. Louche. Très louche. Je longeais le bâtiment depuis un bon moment déjà, cherchant un autre accès que la porte d'entrée pour me faufiler à l'intérieur. Je vis alors une fenêtre entrouverte, assez petite pour que je m'y glisse sans problème. Et hop !

Sauf que...

Ils m'attendaient.

C'était un guet-apens. Ils m'avaient envoyé plein d'agents troubles pour me faire la peau. Les agents troubles, ces êtres complexes, qui te blessent jusqu'à l'échine, te laissant seulement assez d'énergie pour verser et déverser toute l'eau de ton corps. Ils t'assèchent. Ils créent des feux que tu n'es plus capable d'éteindre.

Je me suis battue. Du mieux que j'ai pu. Je n'avais pas beaucoup d'armes. On m'a cogné durement contre le sol. Je voyais flou, je visais mal, n'importe où. J'étais couverte de sang. Ils étaient trop nombreux, trop entraînés. Il fallait tenter une dernière approche, pendant que j'avais encore l'énergie.

J'ai fait le bicycle kick à la Liu Kang en maintenant le bouton A pendant 5 secondes. En plein visage, à chacun d'entre eux. Ils étaient si surpris et si medium-saignants qu'ils ont préféré prendre la fuite, de peur que je connaisse la combinaison de boutons pour faire des boules de feu.

Maintenant seule, j'en ai profité pour faire le tour du repère. Rien de vraiment important ou utile à mes yeux. Rien à voir avec les repères de pirates, qui regorgent toujours de trésors inattendus.

Au fond de l'entrepôt, une grosse porte noire. Tellement sombre que je ne l'avais pas aperçue lors de mon premier tour du propriétaire. Elle était barrée. Intriguant. J'ai sorti un écrevisse de mon couteau suisse et je me suis affairée à débarrer cette immense porte. Ce qu'il y a de bien avec les écrevisses, c'est qu'ils savent exactement quoi faire, pas besoin de se forcer. En quelques instants, la porte s'ouvrait, dévoilant une obscurité des plus complètes. Avec l'aide de quelques lucioles, j'explorais l'intérieur de la pièce lorsque j'entendis quelque chose de suspect. Une inspiration, suivi d'une expiration. Je n'étais pas seule. Immobile, j'ai tout de suite pensé à un autre piège. Je m'en voulais de m'être faite avoir comme une débutante. Mais il ne se passait rien, on n'essayait pas de m'attaquer. Avec un peu plus de lucioles, je me suis approchée de ce qui semblait respirer à l'autre bout de la pièce. Je fus bien surprise d'y retrouver un homme. Bâillonné, attaché, dans un état semi-comateux, branché d'un peu partout à une petite machine rectangulaire. Ils endormaient leur arme secrète ? Pourquoi ? J'ai enlevé le bâillon, débranché les fils et j'ai attendu en silence. Je contemplais le spécimen. C'était peut-être un ex-agent trouble, ou un autre genre de soldat. Il semblait normal, même serein dans son état latent. J'ai attendu, des heures durant. Et puis, il s'est réveillé. Il a sourit. Il m'a sourit. Et j'ai compris. Ce n'était pas un agent trouble. C'était mon allier, mon arme secrète. Celui qu'ils détenaient contre son gré, pour que je cours, seule, vers ma perte. Vers les pièges des agents troubles. Pour que je m'assèche, que je m'éteigne. Plus maintenant.

1 + 1 = 3. L'union de deux êtres apporte plus que leur simple addition.

Ils seront vaincus.

mercredi 11 mars 2009

Comble de la stupidité


Mon chat a fait une overdose de bouchons d'oreilles, hier. J'en ai retrouvé trois complètement intacts au travers d'un monticule de vomi.