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vendredi 10 décembre 2010

Je me suis rasée la tête

Je me suis rasée la tête. J'en avais plus qu'assez de devoir à tout prix correspondre aux critères de beauté établis par notre beau monde moderne. Moderne Terne, plutôt. Je voulais sortir du lot, combattre à grands coups de rasoir nos conventions sociales superficielles. Et schlack ! De ce sempiternel acharnement sur les femmes de tout acabit. De cette pression sociale dictée de main de maître par le Vogue Magazine et de leurs pâles copies. J'en avais plus qu'assez de payer de faramineuses sommes pour la dernière coupe de cheveux à la mode. Ma coiffeuse ne pourra plus aller se pavaner, quatre fois par année, dans un de ces pays aux paysages paradisiaques, mais où les habitants ne mangent pas à leur faim. Où leurs cheveux ne leur servent qu'à se protéger du soleil et de ses rayons trop ardents. Je perds beaucoup moins de temps dans la douche, ou encore à lisser soigneusement ma crinière, encore et encore, pour une coiffure plus que parfaite. Mon crâne est désormais aussi doux qu'une langue de chat. Voulez-vous y toucher ?

Je sais, vous ne comprenez pas pourquoi je me suis débarrassée de mes longs et soyeux cheveux couleur ébène. Vous me trouvez un peu moins féminine, mais je me fous de ce que pensez. Mon copain a également de la difficulté à s'en accommoder. Il a l'impression de faire l'amour à une poupée Bout'choux dont le sexe serait indéfini. Il ne me touche presque plus et peine à me regarder dans les yeux. Je ne vous cacherai pas que notre relation bat de l'aile, mais notre éloignement remonte probablement à bien avant que je ne rase ma chevelure noire. Je suis encore une femme, pourtant. Un peu moins en dehors, toujours autant en dedans. Tant pis pour lui. Je me suis rasée la tête par ennui.

Je me suis rasée la tête, pour qu'on voit enfin mes yeux. Sous ma grosse touffe, l'essence de ceux-ci se perdaient. Ils peuvent à nouveau respirer, comme lorsque j'étais enfant. Je me suis rasée la tête, pour justement renaître. Renaître avec l'envie de tout faire autrement. De me rappeler que petite, je rêvais de voler au dessus des nuages, sur le dos de Dumbo, sur un tapis volant, dans un avion en papier. Toucher les nuages, plonger tête première dans un cumulonimbus. Bref, de vivre pleinement cette exaltante liberté. Petite, je voulais être pilote d'avion, parcourir le monde et le découvrir à chaque fois comme si c'était la première fois. Je me suis rasée la tête pour que rien ne m'en empêche. Comme ça, je serai plus aérodynamique pour me propulser au-delà de mes rêves.

Enfin, je me suis rasée la tête pour que vous ne vous aperceviez de rien. Je me suis rasée la tête pour que personne ne se rende compte que, un à un, mes cheveux tombent. Que bientôt, à cause de la chimio, il ne m'en restera plus. Que vous voyiez mon crâne dégarni. Décrépi. Décrépitude incensée d'une vie trop immature pour nous quitter. Je me suis rasée la tête, pour ne pas me faire plaindre. Je ne veux pas qu'on s'appitoie sur mon sort. Je suis forte. On ne me verra pas vulnérable. Jamais. Même si je suis seule dans mon secret trop lourd à porter. Vous ne me verrez pas m'effondrer. Sauf à la fin. Et alors, vous saurez tout.

mardi 18 mai 2010

Tic Tac BOUM

Tu mènes ta vie au son de ton horloge biologique, mais tu devrais davantage suivre les battements de ton coeur.

Tu ne voudrais pas que ton enfant ressemble à un porte-poussière, hein ?

lundi 8 février 2010

Pistolets épistolaires


J'aurais aimé vivre au temps où l'on dégainait des missives enflammées à de lointains correspondants. Au temps où on s'asseyait bien tranquille, sur le coin d'un pupitre, et qu'on s'appliquait à écrire à quiconque des heures durant. La correspondance épistolaire s'est perdue au fil du temps et j'en suis bien navrée. Plus personne ne prend le temps de s'écrire ce qu'il ressent vraiment, avec tout le recul qu'une lettre bien rédigée peu apporter. Jouer avec les mots et langue française pour faire de notre lettre une chanson en papier. Quelques lignes dans un courriel brisent toute la magie d'un seul clic de souris. C'est facile. Plus personne ne liche d'enveloppe, plus personne ne se déliche d'une lettre si attendue. La messagerie instantanée, notre attention divisée entre six destinataires. La vie de 377 personnes étalée sur un réseau social. Plus rien d'inattendu, à l'ère de l'express-communication. Et pourtant, j'ai jamais vu les gens être aussi peu écoutés.

Le gentil facteur qui ne voit que la moue des gens qui ouvrent leur boîte aux lettres, déçus de n'y découvrir que de trop lourdes factures. Aucune lettre avec le sceau d'une royauté oubliée ou inexistante. Aucune lettre d'un lointain cousin, d'un amoureux timide, d'une princesse inconnue.

En même temps, quiconque découvrirait une lettre écrite à la main dans sa boîte aux lettres, trouverait ça affreusement dépassé et serait sceptique quant à la santé mentale du correspondant. Ou quant à sa qualité de voyageur temporel. Une lettre de Doc Brown entrainerait une symphonie de froncement de sourcils.

J'aimerais bien que Doc Brown m'écrive du fin fond du Far West, moi.

samedi 14 novembre 2009

Promesse de procrastinatrice

Je m'étais promis d'écrire quelque chose sur mon blogue aujourd'hui.

C'est désormais chose faite.

lundi 17 août 2009

Oubelon

Bière froide, coeur chaud.

samedi 15 août 2009

Bacon

Le bacon a des propriétés curatives.

Il agit comme un pansement antibiotique sur mon coeur.
Il bouche mes artères pour engourdir mes sentiments.

J'ai le coeur gras, mais je me sens mieux.

lundi 11 mai 2009

Conspiration dentaire, la suite


Et voilà, je me suis fait extraire tout ce qu'il me restait de sagesse. Je suis désormais à leur merci, dans ma nouvelle apparence de rongeur. Ils ont transformé ma morphologie pour me rendre méconnaissable aux yeux de mes proches. Hamsterisée. Ils m'ont bâillonnée avec des ouates plein la bouche pour que je ne puisse pas appeler à l'aide. Ils avaient tout prévu. Ils savaient qu'avec leur opération douteuse, j'allais devoir me sous-alimenter pendant quelques temps, et peut-être même en crever. Ils l'espéraient probablement. Et moi, en ayant perdu toute ma sagesse, je ne savais plus comment me sortir de leurs sournoises combines. Ayant perdu toute ma sagesse, je réfléchissais beaucoup moins. J'étais moins rationnelle, plus délurée.

Ayant perdu toute ma sagesse, je vivais davantage, les bajoues bien remplies par les petits bonheurs de la vie.

Merci Dentistes, vous méritez vos décapotables.

Mais... maudit que ça fait mal !

dimanche 3 mai 2009

Hého

Entendez-vous l'écho de mes non-dits ?

lundi 16 mars 2009

Agents troubles

Aventureuse, j'étais bien déterminée à découvrir leur repère. Ils se jouaient de moi depuis beaucoup trop longtemps, ça ne pouvait continuer ainsi. J'étais prête à me battre, j'allais attaquer au lieu de devoir me défendre sans cesse contre leurs combines de malfrats. Et si je ne survivais pas à cette opération solitaire, j'aurais au moins pu me dire que j'avais tout essayé.

Tout indiquait que leurs plans se concoctaient dans un vieil entrepôt, dans l'est de la ville. Je m'y rendis à la tombée de la nuit, armée de mon expérience et d'une méfiance immense, fruit de toutes leurs sournoiseries du passé. C'était silencieux. Trop. Louche. Très louche. Je longeais le bâtiment depuis un bon moment déjà, cherchant un autre accès que la porte d'entrée pour me faufiler à l'intérieur. Je vis alors une fenêtre entrouverte, assez petite pour que je m'y glisse sans problème. Et hop !

Sauf que...

Ils m'attendaient.

C'était un guet-apens. Ils m'avaient envoyé plein d'agents troubles pour me faire la peau. Les agents troubles, ces êtres complexes, qui te blessent jusqu'à l'échine, te laissant seulement assez d'énergie pour verser et déverser toute l'eau de ton corps. Ils t'assèchent. Ils créent des feux que tu n'es plus capable d'éteindre.

Je me suis battue. Du mieux que j'ai pu. Je n'avais pas beaucoup d'armes. On m'a cogné durement contre le sol. Je voyais flou, je visais mal, n'importe où. J'étais couverte de sang. Ils étaient trop nombreux, trop entraînés. Il fallait tenter une dernière approche, pendant que j'avais encore l'énergie.

J'ai fait le bicycle kick à la Liu Kang en maintenant le bouton A pendant 5 secondes. En plein visage, à chacun d'entre eux. Ils étaient si surpris et si medium-saignants qu'ils ont préféré prendre la fuite, de peur que je connaisse la combinaison de boutons pour faire des boules de feu.

Maintenant seule, j'en ai profité pour faire le tour du repère. Rien de vraiment important ou utile à mes yeux. Rien à voir avec les repères de pirates, qui regorgent toujours de trésors inattendus.

Au fond de l'entrepôt, une grosse porte noire. Tellement sombre que je ne l'avais pas aperçue lors de mon premier tour du propriétaire. Elle était barrée. Intriguant. J'ai sorti un écrevisse de mon couteau suisse et je me suis affairée à débarrer cette immense porte. Ce qu'il y a de bien avec les écrevisses, c'est qu'ils savent exactement quoi faire, pas besoin de se forcer. En quelques instants, la porte s'ouvrait, dévoilant une obscurité des plus complètes. Avec l'aide de quelques lucioles, j'explorais l'intérieur de la pièce lorsque j'entendis quelque chose de suspect. Une inspiration, suivi d'une expiration. Je n'étais pas seule. Immobile, j'ai tout de suite pensé à un autre piège. Je m'en voulais de m'être faite avoir comme une débutante. Mais il ne se passait rien, on n'essayait pas de m'attaquer. Avec un peu plus de lucioles, je me suis approchée de ce qui semblait respirer à l'autre bout de la pièce. Je fus bien surprise d'y retrouver un homme. Bâillonné, attaché, dans un état semi-comateux, branché d'un peu partout à une petite machine rectangulaire. Ils endormaient leur arme secrète ? Pourquoi ? J'ai enlevé le bâillon, débranché les fils et j'ai attendu en silence. Je contemplais le spécimen. C'était peut-être un ex-agent trouble, ou un autre genre de soldat. Il semblait normal, même serein dans son état latent. J'ai attendu, des heures durant. Et puis, il s'est réveillé. Il a sourit. Il m'a sourit. Et j'ai compris. Ce n'était pas un agent trouble. C'était mon allier, mon arme secrète. Celui qu'ils détenaient contre son gré, pour que je cours, seule, vers ma perte. Vers les pièges des agents troubles. Pour que je m'assèche, que je m'éteigne. Plus maintenant.

1 + 1 = 3. L'union de deux êtres apporte plus que leur simple addition.

Ils seront vaincus.

lundi 9 mars 2009

Beige


Les gens beiges sont partout. Facilement identifiables par leurs habits de la couleur susmentionnée, ils sont également reconnaissables à leur tendance à demeurer dans les sentiers battus, et ce, en toute circonstance. Sortir de la norme constitue pour eux le plus grand des affronts. Ils ont également le coeur beige, ne démontrant en aucun cas un excès de sentiments. Les gens beiges me puent au nez, par leur odeur pestilentielle de gens bornés. Ils te jugent si tu oses montrer une touche d'extravagance ou de créativité. Quand tu essaies de pigmenter leur vie d'un peu de colorant alimentaire. Ils sont terre-à-terre, parfois borgnes face à la beauté du moment présent. Ils voient la vie en couleurs ternes, ils sont effrayés par le fluo. Pour être certains de ne pas être happés par un carambolage de pensées divergentes, ils se camouflent en rentrant leur chandail dans leurs pantalons trop beiges, espérant ainsi créer un bouclier anti-imagination. Ils font l'amour en missionnaire. Ils regardent la télévision jusqu'à dix heures moins quart, un vendredi soir, assis bien droits sur le divan, dans des pyjamas incitant à la vertu.

On a tous un peu de beige en nous, il faut juste tout faire pour ne pas que cette partie arrive à nous submerger. Soyez créatifs, marginaux, faites fi des conventions, déjouez les règles non-écrites, réinventez votre définition du verbe vivre. S'il y a des gens beiges autour de vous, ne leur tournez pas le dos, faites leur plutôt découvrir la partie fluo qui se terre au fond d'eux.

dimanche 15 février 2009

Xénon

Perdue dans un monde à la fois complexe et simple, je cherche à comprendre le mode de pensée des humains. Complexe ou simple ? Certains apparaissent devant nous comme un livre ouvert qu'il est facile de parcourir et de saisir. Une personnalité en ligne droite, déchiffrable après quelques coups d'oeil. D'autres, par contre, se montrent (ou se cachent) sous un amalgame de caractéristiques complexes, de lignes entremêlées. On se casse la tête, on fronce les sourcils, on se peint un gros point d'interrogation sur le front pour tenter de les comprendre ou leur démontrer qu'on fait partie de la même tribu. En vain. D'un autre côté, on se lasse vite des gens trop simples. Ils sont bien gentils, mais un peu ennuyants. Les gens complexes, quant à eux, bien que franchement divertissants, peuvent nous causer un anévrisme à force de trop s'acharner à vouloir les comprendre.

J'aimerais trouver le juste milieu entre le complexe et le simple. Du divertissement sans les tortures mentales. Quand je colle les mots complexe et simple ensemble, tout ce que j'obtiens comme juste milieu, c'est un gaz.

compleXEsimple.
XE. Xénon.

Le Xénon, le juste milieu entre le complexe et le simple ? Un gaz serait la solution ?

Élément chimique numéro 54. En excluant l'hélium, qui de toute façon a un effet eunuque sur chaque mâle, le xénon serait le plus rare, et aussi le plus cher des gaz. Le xénon, du dérivé grec "xénos", signifie "étranger." Pendant longtemps, la plus grande qualité du xénon a été son inactivité chimique. Il existe seulement à l'état de traces dans notre atmosphère terrestre. Serait-ce donc impossible, ou du moins extrêmement rare, d'en arriver au juste milieu entre la complexité et la simplicité ? Serait-ce comme vouloir ajouter un corps étranger à la nature humaine ?

On utilise notamment le xénon dans les phares de nuit des voitures, pour ne pas éblouir les voitures en sens inverse. Je sens le besoin d'être éblouie, mais pas aveuglée... Le xénon n'est pas toxique, mais en concentrations importantes, il peut provoquer de l'anasthésie partielle ou totale du corps. Ou du coeur.

Je dois ouvrir mon coffre-fort, trouver un fournisseur et inhaler en petites quantités ma solution-miracle. Peut-être effacerai-je ainsi tous les points d'interrogation qui parsèment mon front. Peut-être hallucinerai-je des gens éblouissants avec plein de paillettes qui me feront sourire bêtement jusqu'à la prochaine dose.

lundi 15 décembre 2008

Calamité


Tenez-vous loin de moi, de peur de courir à votre perte. Je suis un guerrier redoutable, ne me sous-estimez pas. Je brûlerai votre chien en peluche préféré, écraserai vos pétunias, glacerai vos escaliers extérieurs, vous contaminerai d'un rhume éternel, provoquerai la famine en mangeant tout le contenu de votre frigo ainsi que votre calendrier de l'Avant, ferai une tache d'eau de javel sur votre chandail favori, laverai le bol de toilette avec votre brosse à dents, vous attaquerai de coups de pied aux tibias, ferai une poupée vaudou à votre effigie, et surtout, couperai le chauffage de votre demeure, afin que vous puissiez devenir aussi froids que moi.

Je suis une calamité. Calamity Jane.

Vous aurez été prévenus.

mercredi 12 novembre 2008

Les Fontanelles de l'Existence


Le nouveau-né moyen (presque tous, en fait) nait avec ce qu'on appelle des fontanelles au niveau du crâne, il s'agit en fait d'espace membraneux servant surtout à faciliter l'accouchement. Le bébé a le coco mou, voilà, et ce jusqu'à l'âge approximatif de deux ans et demi. Ce qui fait donc qu'on pourrait facilement mouler sa tête dans un entonnoir orange (primordiale, la couleur) et faire de lui le premier véritable conehead connu de ce monde de cons (désolée, je me suis laissée emportée par la syllabe "con" (et par les parenthèses également, il faut croire.)) Mais bon, si nous voulons lancer Bébé dans le monde sans le contraindre à subir les moqueries de ces camarades de classe, vaut mieux demeurer dans le fantasme. Donc, après plus de deux ans, le mou devient dur (c'est un peu plus long à cet âge-là, qu'est-ce que vous voulez, les bébés pratiquent le tantrisme.) Les fontanelles disparaissent, laissant place à une enveloppe crânienne bien solide.

Mais qu'en est-il des fontanelles de l'Existence ? Au cours de notre vie, même si nous ne nous abreuvons plus au sein maternel, nous devons faire face à des périodes de "mou." Où tout est à former, où tout est à créer. Au travers de combien de fontanelles passons-nous dans notre vie ? Comment être certain que le "mou" est bel et bien devenu "dur", alors que rien de tout ça n'est palpable comme jadis ? Les fontanelles de l'existence ne sont pas tactiles, elles vivent au fond de nous. Certains peuvent trouver leur emplacement et jouer si fort dans notre "mou" que des petits coneheads concaves poussent à l'intérieur de nous. Nous ne voulons certainement pas de ces entités dans notre corps. Tout est toujours à reconstruire. Les questionnements amènent le doute, mais le doute amène la connaissance. Et la connaissance, et bien... ça amène d'autres questionnements. Les fontanelles évoluent, au fond. Il y a peut-être plus nuancé que le mou et le dur. Du semi-mou, du semi-dur, on a déjà vu ça dans d'autres circonstances.

Est-ce que la fontanelle du début de l'âge adulte est celle qui prend plus de temps à durcir ? J'aimerais qu'elle se solidifie avant d'être envahie. On élimine ça comment, des coneheads ? Avec un presse-agrumes en argent ?

vendredi 27 juin 2008

Continuum Effort-Temps

Lorsqu'on veut avancer l'alarme de notre cadran de 10 minutes, il coûte moins d'effort d'ajouter 10 minutes à l'heure actuelle. 40 coups de moins sur le piton, non négligeable. Le seul problème, c'est qu'à force de trop répéter l'opération, on se perd dans le Temps. Il est 23h07 au lieu de 00h14 comme indiqué. Je me demande combien de temps ça va prendre pour faire le tour complet de l'horloge... Ou combien de temps ça va prendre pour que je me tanne et remette les pendules à l'heure.

lundi 23 juin 2008

Logistique Patriotique


Je ne veux pas vraiment faire ma fille critique lors de notre fête nationale et l'assombrir d'un gros nuage noir, mais je crois qu'il y a eu un flagrant manque de logistique lors des deux référendums sur la souveraineté du Québec. Je m'excuse Ti-Poil, l'idée était bonne, mais le moment fort mal choisi. 20 Mai 1980, c'était pas une bonne date. Si j'avais été maître des opérations (chose assez improbable compte tenu de mon inexistence à ce moment-là. J'étais même pas une idée qui germait doucement dans la tête de mes parents, alors qu'ils s'adonnaient joyeusement au touche-pipi), j'aurais déplacé la date d'un mois. 20 Juin 1980. Juste avant la St-Jean-Baptiste, alors que notre fibre patriotique est à son apogée. Un mois avant, on y pense même pas. Quelques jours avant la St-Jean, on chamboulerait le monde pour des drapeaux du Québec partout. On aurait également pu tenir le référendum le 24 juin même, en guise de symbolique, mais peu d'entre nous se seraient présentés aux urnes, bien trop occupés à se remettre de la veille. Pas gagnant comme scénario. Le 23 juin aurait également pu être envisagé comme date de référendum. Québécois jusqu'au bout des ongles, on aurait pu aller voter toute la journée, célébrant la victoire du Oui sur les plaines d'Abraham en soirée. On aurait eu une bonne raison de fêter. On aurait pu voir la face de Plume Latraverse sur nos cents ! Dans la vie, bon nombre de choses reposent sur une question de timing. Je suis convaincue que l'Histoire aurait pu être différente si on avait voté entre le 20 et le 23 juin pour la souveraineté. Je suis également convaincue que je dis n'importe quoi.

Le temps que l'on prend pour se dire: je t'aime,
C'est le seul qui reste au bout de nos jours
Gens du pays, c'est votre tour de vous laisser parler d'amour

mercredi 18 juin 2008

La vie me pique

Je me gratte. Partout. Tout le temps. Ça fait un mois que ça dure. Ça pique, je gratte. Je suis super bonne pour gratter. Des plaques rouges apparaissent et disparaissent par intermittence sur toute la surface de mon corps. Urticaire, m'auto-diagnostiquais-je. Aucunement érotique n'est-ce pas ? (Je tiens à m'excuser publiquement à ceux qui auraient écrit "Un cul qui pique, c'est érotique" et qui seraient tombés par mégarde sur ce texte. Ironiquement, en l'écrivant ainsi, ça augmente les chances que quelqu'un tombe sur mon blog en tapant ces doux mots. Gnan, je contrôle Google ! Bon, ça suffit la parenthèse de 8 pieds de long.) La vie me pique, car la vie va trop vite. En un an, il y a eu énormément de changements dans ma vie, si bien que j'ai rempli récemment une grille qui aide à évaluer notre niveau de stress durant la dernière année. J'ai obtenu un pointage anormalement élevé qui signifiait en gros "Vous allez bientôt péter au frette", ou plus spécifiquement "Vous avez 79% de chance (de chance, vous dites ? Quelle chance !) de voir apparaître un changement significatif dans votre état de santé." J'étais loin de m'en faire avec ça, je me connais assez bien pour savoir que je canalise très bien mon stress et que j'ai une capacité d'adaptation au dessus de la moyenne. Je dors bien, je ne me préoccupe pas de mon travail préoccupant en dehors des heures de bureau et ma situation amoureuse est au beau fixe, soit le neutre, le rien. Mais bon, depuis un mois, ça pique. Je me gratte la vie.

Je me suis demandée pourquoi mon corps se décidait à m'envoyer un message via son pigeon-voyageur prénommé Urticaire. L'urticaire, signe de stress. Je suis allergique à rien. Pas normal que je me gratte la cuisse et que quelques secondes plus tard, on jurerait que je me suis faite attaquer par un loup-garou aux griffes bien affûtées. Alors donc, pourquoi ce signal d'alarme ? La vie va trop vite. Je n'ai pas eu le temps de reprendre mon souffle entre mon statut de jeune fille en fleur et celui de femme adulte professionnelle/avec des responsabilités/autonome à 100%. Maman, je suis grande, maintenant (Pub de Pull-Ups, pour les télévores.) Adulte. Je ne l'ai peut-être pas encore totalement digéré. La vie d'adulte me constipe. J'ai le cul qui pique. La jeune fille en fleur est encore là pourtant. La femme adulte aussi. Les deux peuvent-elles vivre dans le même corps ? Je ne veux pas me séparer de la petite fille que j'étais. Je veux devenir l'adulte que je dois/veux être. Ça se bat en dedans de moi, sous le gros chapiteau qu'est mon épiderme. Un ring de boxe opposant dans le coin rouge, pesant 54 livres, celle qui recherche sans cesse le plaisir, qui dévore 3-4 livres par jour, qui se réinvente un monde à chaque instant avec son imagination débordante, que ses parents ont de la difficulté à contenir, la jeune fille. Dans le coin bleu, pesant le double, voulant s'épanouir dans un travail qu'elle adore, désirant fonder une famille, qui est responsable et mature, qui ne doit douter de rien, être forte, la femme adulte. Ce combat ne se gagnera pas par décision unanime. Ça sera serré. C'est vraiment nécessaire cette violence ? Laissez mon derme tranquille ! Je veux juste arrêter le temps et prendre le temps d'être moi. Ralentir le rythme de la vie, pour qu'elle cesse de me piquer.

Ça se soigne comment l'urticaire ? Il y a-t-il des spécialistes de la santé/chamans dans la salle ?

Combien de temps me reste-il à vivre ? Il faut que je sauve ma peau !

dimanche 8 juin 2008

Une question de Valeur

Ce midi, alors que je commandais mon Trio Big Mac chez McDo (parce que j'ai tellement une alimentation saine et équilibrée, vous savez), mon attention fut immédiatement portée vers l'homme qui commandait son repas à la caisse voisine. Il ressemblait à l'anus du Père Lavigueur (ou à sa face, je confonds toujours les deux) et parlait comme s'il avait déjà engouffré sa frite format jumbo sans avoir pris le temps de mastiquer le tout. C'est donc en criant et avec des semblants de patates molles dans la bouche (ou ailleurs) qu'il tentait de passer sa commande à la caissière.
Anus Lavigueur : "VOT'SPÉCIAL AVEC LE CHEESEBURGER DOUBLE, ÇA EXISTE-TI ENCOREEEE ?"
Caissière quelconque mais polie : Est-ce qu'on vous le sert en trio ?
Anus Lavigueur : HEINNNNNNNNNNNNN ?
Caissière, toujours polie et quelconque : En trio, Monsieur ?
Anus Lavigueur : J'T'AI PAS D'MANDÉ SI TU L'AVAIS EN TRIO, J'T'AI DEMANDÉ SI VOUS L'AVIEZ ENCOREEEE. NON MAIS A COMPREND RIEN ELLE (Commentaires de l'auteure : Projection pure et dure)
Cassière, ordinairement polie : Oui, nous...
Anus Lavigueur, l'interrompant : NON MOI J'VEUX UNE AUTRE CAISSIÈRE QU'ELLE, A COMPREND RIEN PENTOUTE. S'adressant à la caissière voisine : LE CHEESEBURGER DOUBLE, LE SPÉCIAL MARCHE-TI ENCORE ? L'AUTRE, LA CRISS DE CONNE À CÔTÉ, A COMPREND RIEN PENTOUTE.
Caissière #2, visiblement secouée et ayant peur qu'il traverse le comptoir pour lui boire le dedans des oreilles avec une paille : Oui, le spécial McValeur du Cheeseburger double fonctionne encore, ça vous revient à *montant minime* avec les taxes.
Anus Lavigueur : AH OK. METS-MOÉ UN COKE PIS UN FRITE AVEC ÇA.
?!?!?
C'est à cet instant précis (ou non, pas précisément là, mais plutôt au moment où il traite la première caissière de criss de conne), que j'avais le goût de lui répondre :
Non mais est-ce que vous avez été élevé vous (le vouvoiement, oui oui, on reste poli) ? Ah oui ? Avec les ours au fin fond de la forêt ? Écoutez, si vous êtes pour sortir de chez vous bête de même, pourquoi vous restez pas à la maison aujourd'hui ? C'est pas parce que votre vie c'est d'la marde que le monde autour sont obligés d'en manger. Pis non, venez pas me faire croire que vous êtes heureux parce que ça paraît pas de la façon que vous agissez. Moi, je vous l'aurais même pas servi, votre esti de cheeseburger double. Le respect, vous connaissez pas ? Si vous avez besoin d'éducation, j'peux vous aider, c'est mon domaine. Vous voyez le beau p'tit hôpital l'autre bord d'la rue, c'est justement là que je travaille. On peut s'y rendre ensemble main dans la main si vous voulez, on va vous montrer c'est quoi vivre en société.
Et puis là, devant son évident refus, j'aurais pris la pelle à frites bien chaude et lui en aurait asséner un coup sur la nuque. Et vlan !
Bon, au lieu de ça, j'ai rien dit et je suis allée m'asseoir plus loin avec mon Trio Big Mac ultra-santé et j'ai passé tout mon repas à ruminer et à penser à ce que j'aurais pu lui dire si j'avais été plus vite, si j'avais eu plus de couilles. Et je lui ai lancé plein de regards mauvais. Gnan.

vendredi 6 juin 2008

Boîte à images, Boîte à surprises


Je suis une fan des dessins animés des années 80 et du début des années 90. Au secondaire, j'ai replongé dans mon enfance assez intensément à travers les dessins animés, si bien que je connaissais par coeur plus de 200 génériques de ces joyaux qui ont parsemé mon enfance, et d'autres dessins animés que je n'avais jamais vu, mais dont le générique était accrocheur. J'avais tellement investi le thème que c'était probablement ma plus grande passion à l'époque. Plutôt inutile à première vue, c'est ce que je croyais aussi, jusqu'à ce que ça serve à quelque chose. Toute connaissance finit par servir un jour.

Janvier 2006, Rouyn-Noranda, Abitibi

Rencontre inter-universitaire de 2-3 jours avec des gens qui étudient dans le même programme que moi. Minorité masculine évidente, il va sans dire (alors, pourquoi diantre le mentionne-je ?) La première soirée de cette espèce de colloque, connue également sous le terme de "prétexte pour festoyer", fut consacrée à de divers jeux de connaissances générales n'ayant aucun lien avec notre domaine d'étude, et qui opposaient chacune des universités présentes. Capitales, langues parlées, bref, beaucoup de géographie et d'histoire. J'avais été désignée pour aller sur la scène répondre aux questions posées avec quelques uns de mes compatriotes. Ça allait déjà bien notre affaire. Après ces jeux, on nous a demandé d'aller nous rasseoir dans l'assistance avec notre groupe. Un autre jeu allait suivre. L'animatrice annonce que nous allons tenter de deviner de quel dessin animé de notre enfance il s'agit en écoutant la chanson-thème. Tous les yeux de ma clique se tournent vers moi. Ils savaient. Je les ai tous eu. Tous. Après souvent quelques notes seulement. Je sentais l'animosité des autres universités. Je leur gâchais leur plaisir. Je sentais que je ne me ferais pas beaucoup d'amis cette fin de semaine-là. Compétition. J'aime bien. L'animatrice, à la fin, pour me pièger enfin, sortit du placard la chanson d'un dessin animé qui jouait alors que je n'étais même pas née. Elle savait que je n'avais pas 30 ans. 10 de moins à l'époque. Jadis. Et bien je l'ai eu aussi, à son grand désespoir. Elle m'a fusillé du regard. Bang ! On a remporté les jeux ce soir-là. 38 à environ 5 pour chacune des autres délégations. Mes connaissances jugées fort inutiles ont prouvé leur importance.

Je n'écoute plus les chansons-thèmes de mes vieux dessins animés aussi souvent qu'avant. Elles parsemaient jadis ma liste de sélections musicales. Plus maintenant. Je ne me souviens plus de toutes, mais il y en a tout de même que je reconnaîtrai toujours. Les meilleures. Celles qui me rattacheront toujours à mon enfance. Si vous avez un p'tit 2 heures devant vous, je peux vous en parler autour d'une bière, d'un bon feu de camp ou juste autour d'un centre de table intéressant. Peut-être que j'épuiserai également le sujet dans un prochain article.

Pour replonger vous-mêmes : Aller simple pour l'enfance Gâtez-vous !

dimanche 20 avril 2008

L'Ombre Noire

Oui bon, vous me direz qu'on a pas vu ça souvent de l'ombre jaune, et je vous dirai poliment de vous taire. Je veux seulement vous faire part d'une de mes plus grandes peurs injustifiées ; j'ai peur de l'obscurité. N'allez pas croire que je dors avec une veilleuse ou de quoi du genre, parce que ironiquement, quand je dors, j'ai besoin de l'obscurité la plus totale.

Quand j'étais petite (je le suis encore, je devrais donc dire, "quand j'étais plus jeune"), mes parents m'ont installée le plus loin possible au sous-sol alors que je n'avais que quatre ans, pour donner ma chambre sécuritaire au rez-de-chaussée à mon petit frère mort-né, euh nouveau-né, dis-je, je ne devrais pas mélanger mes désirs avec la réalité (ahhh amertume refoulée, jalousie fraternelle.) M'enfin, pour me rendre à madite nouvelle chambre, je devais passer devant l'atelier de travail de mon père, seule pièce pas-finie du sous-sol. C'était plus noir qu'ailleurs, avec comme seule lumière, les chiffres verts fluorescents du radio-cadran. Pour moi, cette lumière verte, c'était les yeux d'un méchant loup. Quand j'allais me coucher, c'était la course contre le loup. Je déboulais presque les escaliers pour être certaine d'être assez rapide pour lui filer entre les pattes. C'est probablement à cet instant que ce sont développées mes capacités pour le sprint, révélées alors plus tard, au secondaire. Ce méchant loup m'a longtemps terrorisée. Jusqu'à ce que je change de chambre pour une plus grande et que ce soit mon frère se retrouve à passer devant la tanière du loup (ah ! ah ! vengeance, respect à l'aînée !) C'est alors que ma peur s'est transformée (car on n'y échappe pas en changeant les éléments de place, oh que non.)

Depuis pratiquement dix ans, j'ai peur de l'ombre plus ombre. L'ombre noire. Quand je suis au lit, que je n'arrive pas à dormir, et que je vois flou, faute de béquilles pour les yeux, j'ai l'impression que dans toute l'obscurité qui m'entoure, il y a des coins plus noirs. Dans lesquels sont évidemment tapis des assassins (j'avais parlé de peur injustifiée au début, rappelez-vous.) Alors je me mets à tenter d'avoir une respiration normale, me mets la tête sous les couvertures (tellement normal comme comportement d'ailleurs), je tente de me momifier jusqu'à ce qu'ils croient que je dors profondément. Comme s'ils n'allaient pas me tuer si je dormais paisiblement. Mais si je dors pas, oh la la, je suis cuite. C'est peut-être une variante du bonhomme 7 heures après tout, modifiée pour faire plus peur avec le temps et nos croyances. Je tiens quand même à spécifier que ça m'arrive beaucoup moins souvent qu'auparavant de stresser avec mes assassins tapis dans l'ombre plus ombre, mais que parfois, j'ai encore cette petite pensée injustifiée qui me trotte dans l'esprit lorsque je n'arrive pas à dormir.