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lundi 28 juin 2010

La sexualité ambigüe des étoiles de mer

Il était une fois une étoile de mer qui rêvait de devenir une célèbre ballerine. Malheureusement, elle ne savait sur quel pied danser et paraissait plus souvent qu'autrement d'une maladresse inégalée. Poussée par son rêve, elle se fit repêcher dans l'eau par les Sharks de San José, qui l'aidèrent à mener une vie sur terre. L'étoile de mer troqua ses petites ballerines pour des patins de grandeur neuf et devient une des meilleures joueuses de la NHL. Elle ne savait peut-être pas danser, mais elle s'était découvert un coup de patin sans pareil. Elle s'appelait Jonathan Cheechoo.

vendredi 19 mars 2010

Jocelyn Carignan

Pour Pâques, je rêve d'un petit poussin, répondant au doux nom de Jocelyn Carignan. Il serait tout jaune (évidemment) et un peu coquet. Il développerait une relation amoureuse avec René-Pierre Ferland, le caneton en plastique trônant près de la baignoire et auraient ensemble une portée de huit Mighty Ducks. Jocelyn Carignan connaitrait une fin tragique où, rendu à la période ingrate qu'est l'adolescence (très ravageuse chez les poussins), il sera rôti et puis dégusté par moi-même lors d'un repas festif.

Malheureusement, comme je n'ai pas les capacités requises pour accoucher d'un petit poussin (enfin, je crois), il me fallait une autre alternative : le chicknapper à la ferme de Pâques du centre d'achats. Ça n'allait pas être facile, il y avait beaucoup de monde. Il ne fallait surtout pas que j'attire l'attention. Incognito. Ne traverse pas la clôture de la ferme de Pâques qui veut. Jocelyn Carignan se camouflait bien à travers ses frères, dans une espèce de maison pour poussins. Je l'ai vite reconnu, avec ses longs cils et la façon bien distinctive qu'il avait de pencher sa tête sur le côté. J'y étais presque. J'allais m'emparer de lui quand j'ai senti qu'on m'agrippait férocement par le pantalon; l'agent de sécurité avait l'air plutôt mécontent. Encore plus lorsque j'ai tenté de lui expliquer l'histoire de Jocelyn Carignan. Son regard consterné me témoignait à quel point il me jugeait. Énormément. Il m'a fortement suggéré de ne plus m'approcher de la ferme de Pâques, parce que je faisais peur aux enfants avec l'idée qu'un poussin pouvait avoir un nom complet et une personnalité bien distincte. Un agent de sécurité beige, champion national du froncement de sourcils. Résultat : Jocelyn Carignan ne pourra pas faire la connaissance de René-Pierre Ferland. Leur histoire est un non-évènement, comme c'est souvent le cas dans le monde des volailles. Laissons-les exister. Et moi, je ne mangerai plus d'oeufs, pour éviter que Gaston Trudel soit lui aussi, un non-évènement.

dimanche 13 décembre 2009

Amour Adolescent

Didier Barbelivien,
As-tu toujours 16 ans ?

Quand j'étais petite et que ma mère faisait jouer tes chansons,
je te voyais comme un immortel, Didier Barbelivien.
Tu disais à toutes les femmes que tu as aimé avant que tu étais resté adolescent.

Je te voyais comme un surhomme, capable de contourner les lois du vieillissement.
Je te voyais avec une âme de vieil homme dans un corps dégourdi vêtu d'un coat de cuir.
Je me disais que lorsque je serais à mon tour adolescente, on pourrait enfin s'aimer.

Je t'espérais, Didier Barbelivien.

Quand j'ai appris de la bouche de ma mère, que tu avais vieilli comme tout le monde et que tout ce qui te restais d'un adolescent était ton immaturité affective et tes comportements frivoles, tu m'as déçu.

Didier Barbelivien, tu as été mon premier chagrin d'amour.
Didier Barbelivien, tu habites chacun des hommes que je choisis, telle une malédiction sentimentale.

Je ne t'aime plus, Didier Barbelivien. C'est fini.
Reste seul avec ta moustache de duvet.

mercredi 25 novembre 2009

Phobie à Canardville ou Méfiez-vous de Picsou


Derrière les buissons, sur le chemin vous conduisant à la maison, vous ne vous en doutez pas, mais il y a peut-être un canard qui vous regarde ! Un de ces petits canards sournois qui vous épie ! C'est qu'ils sont nombreux, ces petits canards qui adorent observer le genre humain déambuler dans les rues, surtout en ville ! Certains d'entre nous peuvent banaliser la situation, mais je vous assure que nous devons rester méfiants. On ne sait jamais ce qui se passe dans la tête de ces petites bêtes-là. Veulent-ils notre porte-feuille pour se payer un bel étang à eux seuls ? Ou pour se payer des quenouilles, qu'ils vont égrainer pour ensuite les fumer ? Veulent-ils nous manger après nous avoir fait rôtir sur la broche, à titre de vengeance collective ?

Les experts appelent la peur qu'un canard vous regarde de l'anatidaephobie. Moi, j'appelle juste ça être vigilant. Y'a que Donald Duck qui est gentil. Et peut-être aussi le Conte Mordicus, parce qu'il préfère le ketchup au sang. Et puis, on ne sait jamais. Ce qui ressemble à un canard n'en est peut-être pas un. C'est peut-être pire. Un ninja déguisé en canard, ça se peut.

dimanche 27 septembre 2009

Baiser gélatineux

Est-ce que tu crois que si on mélange notre salive ensemble, ça va donner de la gélatine ?

...

Tant qu'on ne l'essaie pas, on ne le saura pas, non ? Il y a 50% de chances que ça fonctionne, statistiquement parlant.

J'aimerais bien fabriquer des oursons en jujube avec toi...

Veux-tu ?

lundi 3 août 2009

Voyelle

Entre un songe et un singe, il n'y a qu'un régime de bananes.

dimanche 26 juillet 2009

Récupération, la fin


Il est revenu.

Trois semaines plus tard, le voilà qui gît en bas des escaliers.

Le voleur, pris de remords, est venu le redéposer à l'endroit exact où le crime a été commis ? Ça a déjà été dit, les voleurs reviennent toujours sur les lieux ! Dommage, je n'étais pas là pour le cueillir et le composter !

J'ai maintenant deux bacs à recyclage ! Je ne sais que faire du "6885 Paul-Pau" ! Peut-être ai-je pris le bac d'une innocente vieille dame, trop hypothéquée pour le récupérer à temps sur le trottoir...

Zut.

Je suis... une voleuse ?

samedi 4 juillet 2009

Récupération, la suite


J'aurais dû me méfier. Mais bon, naïvement, hier matin, j'ai déposé mon bac de recyclage sur le trottoir et je suis partie au travail. J'étais loin de me douter que je venais de commettre une grave erreur. Et oui, à mon retour du travail, le bac n'y était plus. Était-ce encore un coup de ces ninjas nains ? Ils étaient finalement partis, amenant avec eux leur petit cheval de Troie ? J'ai exploré les bacs avoisinants, jonchés sur le sol, sans découvrir celui qui fut jadis le mien. J'ai jeté des regards de mépris à tous mes nouveaux voisins, mes suspects #1 dans toute cette affaire. Aucun n'a craqué.

Aujourd'hui, je me dirigeais vers Éco-Quartier pour me procurer un nouveau trésor vert quand une idée de génie germa dans mon esprit. Oeil pour Oeil, Dent pour Dent dit-on (ou dicton), n'est-ce pas ? La loi du Talion frappa; je m'emparai du dernier bac traînant sur le trottoir. Bac pour Bac !

J'ai maintenant un bac arborant l'inscription "6885 Paul-Pau", une rue qui n'est même pas dans mon quartier. Vendredi matin, je me cacherai en contorsionniste amateure sous ce nouveau bac et j'attenderai que le kidnappeur de bacs en série frappe de nouveau. Et je guetterai mon vrai bac, celui avec l'adresse qui correspond au prix de la livraison d'une petite pizza Québécoise de chez PizzaHut (je la commande juste pour faire sourire le livreur, chacun ses petits bonheurs). Si je l'attrape, je sévirai. Ce ne sera pas beau à voir. Des coups du "6885 Paul-Pau" partout. SPLANG ! FLOUK ! (Onomatopées fournies par Batman.)

L'an prochain, j'attendrai trois semaines après le premier juillet avant de mettre mon bac de recyclage au chemin. Et je le piégerai avec un système avant-guardiste de pétards à mèche. Je recyclerai le vilain par la suite, bien entendu. Peut-être que le composter serait plus approprié.

Récupération, la suite


J'aurais dû me méfier. Mais bon, naïvement, hier matin, j'ai déposé mon bac de recyclage sur le trottoir et je suis partie au travail. J'étais loin de me douter que je venais de commettre une grave erreur. Et oui, à mon retour du travail, le bac n'y était plus. Était-ce encore un coup de ces ninjas nains ? Ils étaient finalement partis, amenant avec eux leur petit cheval de Troie ? J'ai exploré les bacs avoisinants, jonchés sur le sol, sans découvrir celui qui fut jadis le mien. J'ai jeté des regards de mépris à tous mes nouveaux voisins, mes suspects #1 dans toute cette affaire. Aucun n'a craqué.

Aujourd'hui, je me dirigeais vers Éco-Quartier pour me procurer un nouveau trésort vert quand une idée de génie germa dans mon esprit. Oeil pour Oeil, Dent pour Dent dit-on (ou dicton), n'est-ce pas ? La loi du Talion frappa; je m'emparai du dernier bac traînant sur le trottoir. Bac pour Bac !

J'ai maintenant un bac arborant l'inscription "6885 Paul-Pau", une rue qui n'est même pas dans mon quartier. Vendredi matin, je me cacherai en contorsionniste amateure sous ce nouveau bac et j'attenderai que le kidnappeur de bacs en série frappe de nouveau. Et je guetterai mon vrai bac, celui avec l'adresse qui correspond au prix de la livraison d'une petite pizza Québécoise de chez PizzaHut (je la commande juste pour faire sourire le livreur, chacun ses petits bonheurs). Si je l'attrape, je sévirai. Ce ne sera pas beau à voir. Des coups du "6885 Paul-Pau" partout. SPLANG ! FLOUK ! (Onomatopées fournies par Batman.)

L'an prochain, j'attendrai trois semaines après le premier juillet avant de mettre mon bac de recyclage au chemin. Et je le piégerai avec un système avant-guardiste de pétards à mèche. Je recyclerai le vilain par la suite, bien entendu. Peut-être que le composter serait plus approprié, cependant.

mercredi 24 juin 2009

Prose pour un jambon suintant

Jambon suintant, jambon suintant
Pourquoi sues-tu autant ?
Tu avais pourtant une place de choix dans le frigidaire
Entre la dinde fumée et autres produits alimentaires

Lorsque je t'ai sorti de ton emballage
J'ai remarqué cet amas visqueux sur ton pelage
J'en ai touché un bout
Pour aussitôt m'emplir de dégoût

Te mettre sous l'eau
Ou te donner au cabot ?
Je t'ai plutôt essuyé
Pour ensuite te manger

Jambon suitant, jambon suitant
Pourquoi sues-tu autant ?
M.Métro, tout ceci est de votre faute
À cause de vous, mon coeur sursaute.

mercredi 8 avril 2009

Récupération

Vendredi. Jour de récupération. Le camion passe tôt en matinée pour transformer mon bac débordant de choses recyclables (ça se recycle, des poils de chat, n'est-ce pas ?) en une boîte de plastique verte remplie de néant (ça, ça ne se recycle apparemment pas.) À mon réveil, par une douce journée de congé, j'eus une belle vue sur mon bac, l'ouverture contre le bitume, alors que je regardais par la fenêtre. Or, voilà, il n'était pas seul. Quatre autres bacs l'accompagnaient sur le trottoir, tous face contre terre. Ils étaient là, les cinq, devant l'escalier menant à ma porte. Et si quelque chose se cachait en dessous de ces petits chevaux de Troie ? Est-ce qu'on tentait de pénétrer ma forteresse ? Qui étaient-ils ? D'habiles contorsionnistes ? Des ninjas ? Des tueurs à gages nains ? Des animaux de compagnie jaloux ? Chose certaine, c'était louche qu'ils soient agglutinés si près de ma porte d'entrée. J'avais si peur d'un piège que j'ai attendu deux jours avant d'aller cueillir mon bac de récupération. En le soulevant, il n'y avait rien. Cependant, j'ai détecté une odeur suspecte. Quelqu'un avait séjourné sous cet abri, j'en étais sûre. Je n'ai pu vérifier les autres bacs puisque mes voisins les avaient ramassés depuis déjà longtemps. Pauvres naïfs.

Ce vendredi, je ferai le guet durant la cueillette de la récupération afin d'éliminer toute tentative d'intrusion dans ma demeure. Dans ma vie.

mercredi 11 mars 2009

Comble de la stupidité


Mon chat a fait une overdose de bouchons d'oreilles, hier. J'en ai retrouvé trois complètement intacts au travers d'un monticule de vomi.

vendredi 6 mars 2009

La Quête

Nostalgique comme pas une, je suis en quête d'un objet de mon enfance qui pourrait me ramener à la gaieté d'antant. Je multiplie les recherches sur la toile et plus spécifiquement sur Ebay, sans succès jusqu'à présent. C'est pourquoi je me tourne vers la blogosphère pour trouver enfin l'objet de mes désirs.

Vous vous rappeler l'antibiotique aux bananes qu'on ingérait lorsqu'on souffrait autant d'une amygdalite que d'une otite, d'une sinusite ou d'une laryngite ? Ce médicament passe-partout qui goûtait tellement bon qu'on l'aurait bu à tous les matins au lieu du traditionnel lait au chocolat ? J'étais peut-être la seule qui en était à ce point dingue, mais il faut avouer qu'il battait tout autre médicament au goût, et de loin. Le comble de la perfection, c'est qu'au lieu de prendre une petite cuillère à thé pour l'avaler, on nous donnait une cuillère graduée en forme de crocodile ! Je prenais tout dans cette cuillère, du jus, du lait, des mélanges à composition douteuse, etc... Hélas, je ne sais pas pourquoi, ma mère s'est débarrassée de cet objet magique qui me procurait tant de joie. Je ne me souviens pas du jour exact de sa disparition, ni les signes distinctifs qui permetteraient à quiconque de l'identifier, mais je cherche ardemment depuis quelques jours une cuillère semblable. Quelqu'un parmi vous en possède un exemplaire ou connait un pharmacien vintage ? Je suis prête à remettre une récompense à celui qui m'aidera de quelconque manière à retrouver cette cuillère chérie. Il s'agit d'une quête de la plus haute importance, mon bonheur pour les années à venir y étant étroitement lié.

jeudi 19 février 2009

Conspiration Dentaire

Je hais les dentistes. Voilà, c'est dit. Ces petits êtres capitalistes, docteurs du crime, qui se payent des lamborghinis à coups de traitements de canal. Ces viles et sournoises personnes qui nous vident les poches à grands coups de fluor. Armés de leurs désagréables subalternes, les hygiénistes dentaires, ils tentent de nous convaincre que de se faire plomber la bouche en entier est la meilleure chose qui puisse nous arriver. Je ne suis pas dupe, je sais bien ce qu'ils cherchent, au fond. Ils tentent de dominer le monde. Ils sont bien mieux organisés que Minus et Cortex. Ils extraient notre sagesse, nous transforment en véritable machine à tuer en nous posant des mines dans la bouche, ils nous gèlent les babines pour qu'on ne puisse pas dévoiler leurs plans à la face du monde. Ils nous posent des facettes et des dentiers pour pas que nos empreintes dentaires aident à nous identifier après le carnage. Ils font une "radiographie" de nos dents afin de faire fondre notre cerveau. Je sais tout.

Je les ai déjoués. J'ai refusé le plan de traitement de mon dentiste. J'aurai bientôt les dents noires, je vais manger mou, mais je ne serai pas une arme de destruction massive, oh non. Il ne me reste plus qu'à mettre en place une cellule anti-domination des dentistes pour contrer leurs plans diaboliques. Où est Jack Bauer quand j'ai besoin de lui ?

samedi 7 février 2009

Vie de Verre


J'ai des tendances potomaniaques. Je peux absorber des quantités considérables de liquide, et ce, très rapidement. Étant jeune, je pouvais passer au travers de contenants entiers de jus Lipton à la pêche, qui ne semble malheureusement plus exister. Très chimique, ça a sûrement nuit à ma croissance. J'ai continué à polluer mon corps de liquides nuisibles avec une consommation excessive de Pepsi, qui n'a pas vraiment diminué depuis. Je m'appelle Janny et je suis pepsicolique. J'ai le sang brun. Plus tard, à l'adolescence, ma consommation d'alcool se traduisait par une fin de soirée romantique avec la toilette la plus proche. J'ai affiné ma capacité à consommer des boissons alcoolisées depuis, mais il m'arrive encore de lever le coude beaucoup trop rapidement. Dans mes élans de potomanie, alors que j'appréciais beaucoup le contenu du verre que je tenais, j'en suis venue à me lier d'amitié avec le contenant. Les verres. Un verre pour chaque chose, chaque occasion. Dans mon armoire, les verres qui s'y trouvent sont disparates, et c'est très bien ainsi. Chacun sa place, chacun son utilité, aucune discrimination. Les verres de plastiques multicolores pour les jus chimiques, que je choisis en fonction du plus beau mariage de couleurs jus/verre, les bucks de la Cage aux sports pour la bière, les grands verres de vitre pour le lait au chocolat, les moyens verres de vitre pour le jus d'orange du matin ou pour les rhum n' coke lors de soirées festives, les tous petits verres pour l'eau nécessaire à propulser les acétaminophènes loin dans mon corps les lendemains de veille. Tout y est, ils existent tous pour une raison, un but. Je me demande comment c'est de l'autre côté de l'armoire, lorsque je n'y suis pas. Est-ce qu'ils s'entendent tous bien ? Qui est à la tête du Conseil des verres ? Est-ce qu'ils craignent les bucks de la Cage ? Y a-t-il des verres sans scrupules ? Est-ce que certains se demandent s'ils existent d'autres sortes de verres ailleurs ? Est-ce que les verres petits-gros sont une légende pour eux, étant donné qu'il n'y en a pas dans mon armoire, puisque j'ai de trop petites mains pour les tenir efficacement ? Est-ce qu'ils vouent un culte aux tasses, situées au deuxième étage de l'armoire ? Qui est le doyen de tous ces verres ? Qui soigne les blessés ? Qui est une attention whore qui me murmure un "prends-moi, prends-moi" à chaque fois que j'ouvre la porte de l'armoire ? Que boivent-ils ? Est-ce qu'ils aiment aller faire un tour dans le lave-vaisselle ? Est-ce que ça équivaut aux glissades d'eau pour eux ou est-ce que c'est un supplice ? Est-ce qu'ils m'aiment ? Est-ce qu'ils considèrent que je bois de façon appropriée ou préfèrent-ils lorsque je les offre à un invité ?

Tant de questions auxquelles je n'ai pas de réponses. Ah, si seulement j'étais l'un d'eux, je pourrais comprendre ! Je pourrais enfin savoir ce qui se passe derrière la porte de l'armoire. Se sentir vide, se faire remplir, pour être à nouveau vidé. Se laver, pour se sentir propre à nouveau. Un cycle comme tant d'autres, un cycle qui ressemble tant aux autres.

lundi 26 janvier 2009

Cannelle vive


Par un insignifiant lundi soir, suite logique à cette abomination qu'est le pire jour de la semaine, je digérais mon repas au salon en compagnie de ma colocataire, toutes deux armées d'une petite bière. J'eus alors la brillante idée d'enfiler mon sarrau blanc de scientifique et de tenter une expérience des plus importantes. En effet, alors que la petite bière faisait son chemin en direction de l'immaculé trône de la salle de bains, le regard de la scientifique en moi se posa sur mon chat noir qui allait se retrouver au centre de mon expérience révélatrice.

[Observation] Il était là, couché et immobile sur le plancher de la salle de bains. Première erreur.

[Problème] Il n'y avait pas vraiment de problème à première vue, alors c'était à moi de jouer en le créant.

[Hypothèse] Ce que je m'apprête à faire va être très drôle.

[Expérimentation] Ayant pris soin de remonter mon pantalon, je m'armai alors de mon tube de dentifrice, saveur de cannelle vive, et je déposai une petite quantité de la pâte sur la langue de mon chat, toujours très innocent et immobile. Je n'avais pas anticipé la réaction de l'animal. Mon chat se mit à courir dans toutes les pièces de l'appartement, sous nos regards ébahis. L'écume au bord de la gueule, il crachait comme il n'avait jamais craché, dispersant son fluide buccal partout sur le plancher. Il se promenait la langue bien pendante, comme si elle n'avait plus sa place dans sa gueule, ou que la cannelle l'avait transformé en chien.

[Discussion] Je le regrette. Un peu. J'ai eu peur un instant que mon chat perdre ses papilles gustatives, ou encore que sa langue rugueuse devienne aussi lisse que des fesses de bébé au contact de la cannelle. Du coup, il n'aurait plus la capacité de se laver et ressemblerait à ces chats aux poils hirsutes qui parsèment les rues du quartier. J'aurai peut-être dû utiliser le dentifrice au thé vert de ma colocataire, pour moins de dégâts. À vérifier. La vivifiante cannelle aurait pu enlever toute joie de vivre à mon petit animal de compagnie. N'appelez pas la SPCA, je vous prie. En dépit des apparences, mon chat est bien nourri et logé et reçoit plus de câlins que nécessaire, ne vous inquiétez pas, mais ne me laissez pas seule avec votre animal domestique pour autant.

mercredi 7 janvier 2009

Risque d'éboulis


Tout peut nous tomber dessus. Une roche déboule sur une falaise abrupte alors que nous conduisons notre calèche. Une avalanche alors que nous fabriquons une poule en neige dans la plus grande joie qui soit. Une enclume sur un pied. Et j'en passe. Une chance, me direz-vous peut-être, si vous n'êtes pas vous-mêmes enterrés sous le ciel qui vous serait tombé sur la tête par inadvertance. Faites attention, tout de même.

Les phénomènes de la nature peuvent donc créer des éboulis dignes de mention, mais quelles forces peuvent se vanter de créer nos éboulis internes, nos si doux borborygmes ? Certains pseudo-savants me diront qu'il s'agit d'un effet normal produit par notre système digestif, mais je ne suis pas de cet avis. Je crois qu'on néglige grandement les petits êtres qui vivent au fond de notre nombril. Ceux qui se nourrissent évidemment de mousse de nombril et de miettes de toasts au nutella (hmm, nutellaaaa.) Ceux qu'on gratte derrière l'oreille de temps en temps. On les néglige tellement qu'ils sentent le besoin viscéral de crier leur manque d'attention à la face du monde, déclenchant par le fait même une avalanche dans le bas ventre. Ce ne peut être que des vibrations ou un véritable cri du coeur que les onze personnes présentes à l'assemblée générale du conseil auront le loisir d'entendre. Tout dépend de votre capacité à vous occuper adéquatement des petits natifs de votre nombril et de leur habitat naturel. Mêmes si les borborygmes semblent inaudibles, il est toutefois possible d'entendre quelques bribes avec un système professionnel de boîtes de conserve. Ils ne se laissent toutefois pas apprivoiser facilement. Vous arriverez peut-être à les domestiquer à coups de graines de biscuits bretons et de la mousse de chandail de qualité. Ils ne raffolent cependant pas du polyester. À éviter, car vous risqueriez de faire naître des éboulis internes au moment le plus inopportun qui soit. Ils sont sournois.

vendredi 19 décembre 2008

Vivre Debout



Vivre debout, découvrir la viiiiiie,
Se donner la main, pour rebâtir le moOoOoOoOonde....


.


Voilà donc tout ce dont je me souviens de mes cours de catéchèse. C'est déjà beaucoup. Et très troublant.

lundi 15 décembre 2008

Glaciers horizontaux


J'aime l'hiver. Le vrai hiver, celui qui recouvre nos terres d'une belle nappe blanche durant un peu plus de quatre mois. Je ne peux me résoudre à apprécier sa pâle imitation qui sévit aujourd'hui. On ne devrait pas se faire assaillir de goutelettes d'eau assassines durant l'hiver. Peut-être que quelqu'un a séquestré Monsieur Hiver depuis quelques années et se fait passer pour lui afin de nuire à notre paisible existence. Un être aigri, sans doute. Peut-être Monsieur Automne qui fait de l'over.

Ce midi, j'ai eu l'excellente idée d'aller faire quelques achats à l'épicerie. J'ai regardé par la fenêtre, et voyant la pluie tomber bien drue, je me suis vêtie en conséquence. Par contre, du haut de mon deuxième étage, je n'ai pas pu mesurer avec précision la praticabilité des trottoirs. J'ai donc découvert malgré moi son inexistence. C'est après une multitude d'arabesques que je suis arrivée saine et sauve à l'épicerie. Le retour fut plus éprouvant, avec les sacs à traîner et surtout, avec la pente descendante. J'avais le souvenir familier de mon escalade de glacier de cet automne, surtout lors du moment où je me promenais avec un seul crampon. Là, sur le trottoir, l'absence totale de crampons me fit paniquer. Et si je tombais dans une crevasse ? Se pourrait-il que la calotte glaciaire qui ne cesse de fondre ait décidé de se transformer en glaciers horizontaux ? N'écartons aucune hypothèse.

Grâce à mes talents certains de patineuse sur courte piste, je suis arrivée sans trop de mal à la porte de ma demeure. Étrangement, grâce à la pluie, les escaliers, eux, n'étaient plus mortellement glacés.

Je ne sors plus de chez moi aujourd'hui, je fais l'ermite jusqu'au retour de Monsieur Hiver. Qui se chargera de le délivrer de son ravisseur ?

vendredi 5 décembre 2008

L'invasion des agrumes


Depuis des jours, je suis emmurée dans une lime rectangulaire. Il y a un pamplemousse rose qui tente de conquérir les confins de mon oesophage, tout ça parce que je l'ai rejeté. Rancunier. Mon réflexe de déglutition n'a pas réussi à l'éliminer, il sévit toujours. Dans ma prison toute verte, j'ai sué le zeste de ma vie. Je suis certaine que si on tordait les draps de mon lit, on obtiendrait un jus très sûr, indubitablement le même que celui dont sont aspergées les célèbres gommes sûres. Je suis l'ingrédient secret-plus-du-tout-secret de la recette.

Tout ça parce que je n'ai pas pris mes vitamines aux agrumes.

La vengeance a une saveur.