Je me gratte. Partout. Tout le temps. Ça fait un mois que ça dure. Ça pique, je gratte. Je suis super bonne pour gratter. Des plaques rouges apparaissent et disparaissent par intermittence sur toute la surface de mon corps. Urticaire, m'auto-diagnostiquais-je. Aucunement érotique n'est-ce pas ? (Je tiens à m'excuser publiquement à ceux qui auraient écrit "Un cul qui pique, c'est érotique" et qui seraient tombés par mégarde sur ce texte. Ironiquement, en l'écrivant ainsi, ça augmente les chances que quelqu'un tombe sur mon blog en tapant ces doux mots. Gnan, je contrôle Google ! Bon, ça suffit la parenthèse de 8 pieds de long.) La vie me pique, car la vie va trop vite. En un an, il y a eu énormément de changements dans ma vie, si bien que j'ai rempli récemment une grille qui aide à évaluer notre niveau de stress durant la dernière année. J'ai obtenu un pointage anormalement élevé qui signifiait en gros "Vous allez bientôt péter au frette", ou plus spécifiquement "Vous avez 79% de chance (de chance, vous dites ? Quelle chance !) de voir apparaître un changement significatif dans votre état de santé." J'étais loin de m'en faire avec ça, je me connais assez bien pour savoir que je canalise très bien mon stress et que j'ai une capacité d'adaptation au dessus de la moyenne. Je dors bien, je ne me préoccupe pas de mon travail préoccupant en dehors des heures de bureau et ma situation amoureuse est au beau fixe, soit le neutre, le rien. Mais bon, depuis un mois, ça pique. Je me gratte la vie.
Je me suis demandée pourquoi mon corps se décidait à m'envoyer un message via son pigeon-voyageur prénommé Urticaire. L'urticaire, signe de stress. Je suis allergique à rien. Pas normal que je me gratte la cuisse et que quelques secondes plus tard, on jurerait que je me suis faite attaquer par un loup-garou aux griffes bien affûtées. Alors donc, pourquoi ce signal d'alarme ? La vie va trop vite. Je n'ai pas eu le temps de reprendre mon souffle entre mon statut de jeune fille en fleur et celui de femme adulte professionnelle/avec des responsabilités/autonome à 100%. Maman, je suis grande, maintenant (Pub de Pull-Ups, pour les télévores.) Adulte. Je ne l'ai peut-être pas encore totalement digéré. La vie d'adulte me constipe. J'ai le cul qui pique. La jeune fille en fleur est encore là pourtant. La femme adulte aussi. Les deux peuvent-elles vivre dans le même corps ? Je ne veux pas me séparer de la petite fille que j'étais. Je veux devenir l'adulte que je dois/veux être. Ça se bat en dedans de moi, sous le gros chapiteau qu'est mon épiderme. Un ring de boxe opposant dans le coin rouge, pesant 54 livres, celle qui recherche sans cesse le plaisir, qui dévore 3-4 livres par jour, qui se réinvente un monde à chaque instant avec son imagination débordante, que ses parents ont de la difficulté à contenir, la jeune fille. Dans le coin bleu, pesant le double, voulant s'épanouir dans un travail qu'elle adore, désirant fonder une famille, qui est responsable et mature, qui ne doit douter de rien, être forte, la femme adulte. Ce combat ne se gagnera pas par décision unanime. Ça sera serré. C'est vraiment nécessaire cette violence ? Laissez mon derme tranquille ! Je veux juste arrêter le temps et prendre le temps d'être moi. Ralentir le rythme de la vie, pour qu'elle cesse de me piquer.
Ça se soigne comment l'urticaire ? Il y a-t-il des spécialistes de la santé/chamans dans la salle ?
Combien de temps me reste-il à vivre ? Il faut que je sauve ma peau !