vendredi 27 juin 2008

Continuum Effort-Temps

Lorsqu'on veut avancer l'alarme de notre cadran de 10 minutes, il coûte moins d'effort d'ajouter 10 minutes à l'heure actuelle. 40 coups de moins sur le piton, non négligeable. Le seul problème, c'est qu'à force de trop répéter l'opération, on se perd dans le Temps. Il est 23h07 au lieu de 00h14 comme indiqué. Je me demande combien de temps ça va prendre pour faire le tour complet de l'horloge... Ou combien de temps ça va prendre pour que je me tanne et remette les pendules à l'heure.

Il y a quelqu'un de trop dans cette ville...

Alors que je me baladais tranquillement sur le trottoir, j'aperçus un pissenlit dans sa phase âgée qui déambulait passivement devant moi. Impossible de m'empêcher de faire le parallèle avec les vieux Westerns et la célèbre boule de foin clichée à souhait. Un signe de la Providence sans doute. Je me préparais à sortir deux pistolets Dollorama de mes poches et à compter les douze pas réglementaires avant d'affronter mon adversaire inconnu. Alors que je m'apprêtais à appuyer sur la détente beaucoup plus vite que plus vite que mon ombre, je fus bien déçue de constater qu'il n'y avait personne. J'ai rangé mes pistolets vert fluo et j'ai continué paisiblement mon chemin. Les gens ne sont pas assez braves pour me provoquer en duel.
Janny's got a gun, Aerosmith l'ont dit.
Gare à vous.

mercredi 25 juin 2008

Mourir Vide

Bon, je vous vois d'ici vous dire "Ah la la, elle va nous faire un autre texte à saveur philosophique sur l'importance de remplir sa vie pour ne pas finir aigre et amer." Erreur. Ici, maintenant, j'ai le goût de vous entretenir de mourir vide au sens propre du terme. Dimanche dernier, alors que moi et ma Future Coloc étions sur le Mont-Royal, à profiter des bruits harmonieux des Tams-Tams, en faisant descendre plusieurs Coronas tout le long de notre oesophage, vint le moment où nous devions vider le réservoir pour faire place à du houblon ultérieur. Nous nous rendîmes donc à l'endroit prévu à cet effet, situé de l'autre côté du boulevard. Après un doux soulagement dans des toilettes d'une propreté plus qu'impeccable (c'était juste un peu plein d'eau partout (j'espère que c'était de l'eau) et plein de papiers par terre, mais plus dans le distributeur...), j'en suis venue à exprimer la réflexion suivante : Il faut se soulager à chaque instant, afin de mourir vide. Ne jamais contenir une envie trop longtemps, de peur d'avoir un accident et d'assister à un relâchement de notre système. Ma Future Coloc, connue pour ses talents exceptionnels à presque se faire frapper par une voiture plus de dix fois par jour, prit sans tout conscience à ce moment-là de toute l'importance du geste. Le comble de l'humiliation si au moment du drame et devant la tristesse de tous et chacun, nous décorions le bitume de tout notre intérieur. L'odeur émanante aurait tôt fait de rendre plusieurs témoins perplexes devant l'émotion à ressentir. Ou à sentir.
Mourir vide pour mourir avec honneur.
Je ne suis pas une pisse-minute, je veux juste mourir dans la dignité.

lundi 23 juin 2008

Logistique Patriotique


Je ne veux pas vraiment faire ma fille critique lors de notre fête nationale et l'assombrir d'un gros nuage noir, mais je crois qu'il y a eu un flagrant manque de logistique lors des deux référendums sur la souveraineté du Québec. Je m'excuse Ti-Poil, l'idée était bonne, mais le moment fort mal choisi. 20 Mai 1980, c'était pas une bonne date. Si j'avais été maître des opérations (chose assez improbable compte tenu de mon inexistence à ce moment-là. J'étais même pas une idée qui germait doucement dans la tête de mes parents, alors qu'ils s'adonnaient joyeusement au touche-pipi), j'aurais déplacé la date d'un mois. 20 Juin 1980. Juste avant la St-Jean-Baptiste, alors que notre fibre patriotique est à son apogée. Un mois avant, on y pense même pas. Quelques jours avant la St-Jean, on chamboulerait le monde pour des drapeaux du Québec partout. On aurait également pu tenir le référendum le 24 juin même, en guise de symbolique, mais peu d'entre nous se seraient présentés aux urnes, bien trop occupés à se remettre de la veille. Pas gagnant comme scénario. Le 23 juin aurait également pu être envisagé comme date de référendum. Québécois jusqu'au bout des ongles, on aurait pu aller voter toute la journée, célébrant la victoire du Oui sur les plaines d'Abraham en soirée. On aurait eu une bonne raison de fêter. On aurait pu voir la face de Plume Latraverse sur nos cents ! Dans la vie, bon nombre de choses reposent sur une question de timing. Je suis convaincue que l'Histoire aurait pu être différente si on avait voté entre le 20 et le 23 juin pour la souveraineté. Je suis également convaincue que je dis n'importe quoi.

Le temps que l'on prend pour se dire: je t'aime,
C'est le seul qui reste au bout de nos jours
Gens du pays, c'est votre tour de vous laisser parler d'amour

mercredi 18 juin 2008

La vie me pique

Je me gratte. Partout. Tout le temps. Ça fait un mois que ça dure. Ça pique, je gratte. Je suis super bonne pour gratter. Des plaques rouges apparaissent et disparaissent par intermittence sur toute la surface de mon corps. Urticaire, m'auto-diagnostiquais-je. Aucunement érotique n'est-ce pas ? (Je tiens à m'excuser publiquement à ceux qui auraient écrit "Un cul qui pique, c'est érotique" et qui seraient tombés par mégarde sur ce texte. Ironiquement, en l'écrivant ainsi, ça augmente les chances que quelqu'un tombe sur mon blog en tapant ces doux mots. Gnan, je contrôle Google ! Bon, ça suffit la parenthèse de 8 pieds de long.) La vie me pique, car la vie va trop vite. En un an, il y a eu énormément de changements dans ma vie, si bien que j'ai rempli récemment une grille qui aide à évaluer notre niveau de stress durant la dernière année. J'ai obtenu un pointage anormalement élevé qui signifiait en gros "Vous allez bientôt péter au frette", ou plus spécifiquement "Vous avez 79% de chance (de chance, vous dites ? Quelle chance !) de voir apparaître un changement significatif dans votre état de santé." J'étais loin de m'en faire avec ça, je me connais assez bien pour savoir que je canalise très bien mon stress et que j'ai une capacité d'adaptation au dessus de la moyenne. Je dors bien, je ne me préoccupe pas de mon travail préoccupant en dehors des heures de bureau et ma situation amoureuse est au beau fixe, soit le neutre, le rien. Mais bon, depuis un mois, ça pique. Je me gratte la vie.

Je me suis demandée pourquoi mon corps se décidait à m'envoyer un message via son pigeon-voyageur prénommé Urticaire. L'urticaire, signe de stress. Je suis allergique à rien. Pas normal que je me gratte la cuisse et que quelques secondes plus tard, on jurerait que je me suis faite attaquer par un loup-garou aux griffes bien affûtées. Alors donc, pourquoi ce signal d'alarme ? La vie va trop vite. Je n'ai pas eu le temps de reprendre mon souffle entre mon statut de jeune fille en fleur et celui de femme adulte professionnelle/avec des responsabilités/autonome à 100%. Maman, je suis grande, maintenant (Pub de Pull-Ups, pour les télévores.) Adulte. Je ne l'ai peut-être pas encore totalement digéré. La vie d'adulte me constipe. J'ai le cul qui pique. La jeune fille en fleur est encore là pourtant. La femme adulte aussi. Les deux peuvent-elles vivre dans le même corps ? Je ne veux pas me séparer de la petite fille que j'étais. Je veux devenir l'adulte que je dois/veux être. Ça se bat en dedans de moi, sous le gros chapiteau qu'est mon épiderme. Un ring de boxe opposant dans le coin rouge, pesant 54 livres, celle qui recherche sans cesse le plaisir, qui dévore 3-4 livres par jour, qui se réinvente un monde à chaque instant avec son imagination débordante, que ses parents ont de la difficulté à contenir, la jeune fille. Dans le coin bleu, pesant le double, voulant s'épanouir dans un travail qu'elle adore, désirant fonder une famille, qui est responsable et mature, qui ne doit douter de rien, être forte, la femme adulte. Ce combat ne se gagnera pas par décision unanime. Ça sera serré. C'est vraiment nécessaire cette violence ? Laissez mon derme tranquille ! Je veux juste arrêter le temps et prendre le temps d'être moi. Ralentir le rythme de la vie, pour qu'elle cesse de me piquer.

Ça se soigne comment l'urticaire ? Il y a-t-il des spécialistes de la santé/chamans dans la salle ?

Combien de temps me reste-il à vivre ? Il faut que je sauve ma peau !

Police line do not cross

Aucunement humoristique, un vieux texte inédit, pour le déplaisir de vos sens.

Il reposait là, inerte, sur l'asphalte tiède et dure du boulevard. La foule s'était amassée autour de lui, des dizaines de curieux. Tous se demandaient ce qui avait bien pu se passer pour qu'il se retrouve dans un aussi piteux état. Du sang. Partout. Immaculé. Tout un carnage. On le reconnaissait par son immense carrure, mais si on s'approchait un peu plus et qu'on tendait l'oreille, ça sonnait creux. Vide. Ça sentait la mort. C'était clairement un assassinat. La même question sur toutes les lèvres, en sourdine : Qui ? Tout le monde l'aimait bien pourtant. Aucun ennemi connu. Qui lui en aurait voulu assez pour lui faire subir autant d'atrocités ? Car c'était atroce. Scié en deux. La chair, le sang. Rien d'autre. Histoire non résolue. Aucun indice...

C'était moi. Je l'ai tué. J'ai assassiné mon Coeur.
D'un seul coup, pour apaiser sa douleur et le faire taire à jamais...

dimanche 15 juin 2008

Larousse, je te hais


Pas dans le sens "Je n'aime pas cette fille rousse indéterminée." Même chose pour Stéphane Larousse. Je le connais pas, mais il existe (du moins, sur Facebook.) Je suis certaine que c'est un chic type, je ne le déteste en rien. Je veux évidemment parler du Petit Larousse, ce fameux bouquin de 1811 pages, qu'on ose nommer Dictionnaire. Permettez-moi de m'insurger. Même si vous me refusez ce droit, je m'insurge pareil ! Quelle déliquante ! Donc, le Petit Larousse. En faisant un combo Noms communs - Noms Propres dans le même "dictionnaire" (notez ici toute l'importance des guillemets), je crois que les créateurs ont perdu des mots en cours de route. Il y a des mots qui n'existent pas dans le Petit Larousse alors qu'ils se retrouvent dans le Petit Robert. Je me questionne. Est-ce qu'il y a des fervents fanatiques du Larousse qui n'utilisent que les mots contenus dans ce recueil ? Se fagellent-ils s'ils utilisent des mots inscrits seulement dans le Robert ? Lequel des deux a le monopole du marché des dictionnaires ? D'après moi, c'est le Petit Larousse. Il semble avoir plus de visibilité sur le marché que le Petit Robert. Son format-combo offre la possibilité d'avoir un 3 pour 1. Noms communs, proverbes et noms propres. TOUT le monde a besoin de la section noms propres à chaque instant voyons ! Il offre même la possibilité d'apprendre tous les proverbes sur le bol de toilette (je ne vois pas de meilleur endroit pour mémoriser ces maximes.) Le Petit Robert, beaucoup moins convivial avec ses deux tomes, perd beaucoup en popularité. Même s'il contient plus de mots. Des mots qui existent. Rien avec trop de W. Werfwarfkw n'est pas un intitulé du Petit Robert. Pourquoi alors ne pas l'adopter collectivement ? J'en veux vraiment au Larousse. J'ai utilisé des mots existants, mais qui ne se trouvaient guère à l'intérieur de la Bible du sympathique Paul Houde lors de mon passage au Cercle (je suis riche et célèbre.) Un gros BONG bien sonore et rouge, désignant l'erreur. Pour des mots existants, mais pas dans le Petit Larousse. Pourquoi les deux dictionnaires ne feraient pas qu'un ? Il me semble que le marché est déjà assez restreint côté orthographe, inutile d'installer la compétition.

Et puis de toute façon, qui se sert réellement d'un dictionnaire version papier de nos jours ? À part faire semblant de le faire au secondaire ? À part pour jouer au Jeu du Dictionnaire (j'espère que vous choisissez le Robert pour vos soirées festives) ? Avec le logiciel Antidote, avec Wikipédia, avec les multiples dictionnaires en ligne, avec Google, où est la nécessité ?

Le dictionnaire version papier va bientôt s'éteindre. Vous l'aurez lu ici en premier, grâce à mes impertinences. C'est pertinent l'impertinence.
Mort à toi Larousse, tu l'auras bien cherché !