mercredi 24 juin 2009

Prose pour un jambon suintant

Jambon suintant, jambon suintant
Pourquoi sues-tu autant ?
Tu avais pourtant une place de choix dans le frigidaire
Entre la dinde fumée et autres produits alimentaires

Lorsque je t'ai sorti de ton emballage
J'ai remarqué cet amas visqueux sur ton pelage
J'en ai touché un bout
Pour aussitôt m'emplir de dégoût

Te mettre sous l'eau
Ou te donner au cabot ?
Je t'ai plutôt essuyé
Pour ensuite te manger

Jambon suitant, jambon suitant
Pourquoi sues-tu autant ?
M.Métro, tout ceci est de votre faute
À cause de vous, mon coeur sursaute.

lundi 15 juin 2009

Sang Titre


Mes yeux se retiennent à deux mains de vomir des larmes sans fin devant toute l'adversité du monde.
Des larmes de bile jusqu'à m'en exploser le cristallin.


Aujourd'hui, j'ai vu la Souffrance. Je l'ai sentie au plus profond de mes entrailles.

Aujourd'hui, j'ai vu et demain, tout ne sera plus pareil. Désormais.


Je vais vraiment vomir.

samedi 16 mai 2009

Hommes-grenouilles

Il n'y a plus assez d'hommes-grenouilles en ce bas monde. Ceux qui sautent dans notre coeur d'un seul bond. Ils s'appellent Simon ou Gédéon, mais se présentent sous bien d'autres noms. Ils sont un peu verts, très taquins, sans ne jamais être méchants. Ce sont des hommes intelligents, à l'esprit divergent. Nonchalants, ils se déplacent pourtant efficacement, mais pas gracieusement. Ce sont des trésors bien enfouis sous la mer. Et moi, il y a longtemps que je ne me baigne plus. Que je n'entends plus le bruit de leurs palmes.

Mais parfois, les hommes-grenouilles reviennent patauger dans mes larmes. J'essaie de les retenir, mais ils s'écrasent au bas de la cascade, jusqu'au prochain torrent.

Il faudrait que j'apprenne à nager. Autrement qu'en p'tit chien. Que je me trempe. Et m'éclabousse. Tant pis si je me fracasse le coeur sur des rochers.

Je veux retrouver un homme-grenouille.

mardi 12 mai 2009

Baisser la garde

Parfois, j'aurais envie d'enlever mon bouclier antimissile et de laisser une torpille me transpercer le coeur.

Je me ravise souvent. Tout le temps, en fait.

lundi 11 mai 2009

Conspiration dentaire, la suite


Et voilà, je me suis fait extraire tout ce qu'il me restait de sagesse. Je suis désormais à leur merci, dans ma nouvelle apparence de rongeur. Ils ont transformé ma morphologie pour me rendre méconnaissable aux yeux de mes proches. Hamsterisée. Ils m'ont bâillonnée avec des ouates plein la bouche pour que je ne puisse pas appeler à l'aide. Ils avaient tout prévu. Ils savaient qu'avec leur opération douteuse, j'allais devoir me sous-alimenter pendant quelques temps, et peut-être même en crever. Ils l'espéraient probablement. Et moi, en ayant perdu toute ma sagesse, je ne savais plus comment me sortir de leurs sournoises combines. Ayant perdu toute ma sagesse, je réfléchissais beaucoup moins. J'étais moins rationnelle, plus délurée.

Ayant perdu toute ma sagesse, je vivais davantage, les bajoues bien remplies par les petits bonheurs de la vie.

Merci Dentistes, vous méritez vos décapotables.

Mais... maudit que ça fait mal !

dimanche 3 mai 2009

Hého

Entendez-vous l'écho de mes non-dits ?

mercredi 8 avril 2009

Récupération

Vendredi. Jour de récupération. Le camion passe tôt en matinée pour transformer mon bac débordant de choses recyclables (ça se recycle, des poils de chat, n'est-ce pas ?) en une boîte de plastique verte remplie de néant (ça, ça ne se recycle apparemment pas.) À mon réveil, par une douce journée de congé, j'eus une belle vue sur mon bac, l'ouverture contre le bitume, alors que je regardais par la fenêtre. Or, voilà, il n'était pas seul. Quatre autres bacs l'accompagnaient sur le trottoir, tous face contre terre. Ils étaient là, les cinq, devant l'escalier menant à ma porte. Et si quelque chose se cachait en dessous de ces petits chevaux de Troie ? Est-ce qu'on tentait de pénétrer ma forteresse ? Qui étaient-ils ? D'habiles contorsionnistes ? Des ninjas ? Des tueurs à gages nains ? Des animaux de compagnie jaloux ? Chose certaine, c'était louche qu'ils soient agglutinés si près de ma porte d'entrée. J'avais si peur d'un piège que j'ai attendu deux jours avant d'aller cueillir mon bac de récupération. En le soulevant, il n'y avait rien. Cependant, j'ai détecté une odeur suspecte. Quelqu'un avait séjourné sous cet abri, j'en étais sûre. Je n'ai pu vérifier les autres bacs puisque mes voisins les avaient ramassés depuis déjà longtemps. Pauvres naïfs.

Ce vendredi, je ferai le guet durant la cueillette de la récupération afin d'éliminer toute tentative d'intrusion dans ma demeure. Dans ma vie.