mercredi 12 novembre 2008

Les Fontanelles de l'Existence


Le nouveau-né moyen (presque tous, en fait) nait avec ce qu'on appelle des fontanelles au niveau du crâne, il s'agit en fait d'espace membraneux servant surtout à faciliter l'accouchement. Le bébé a le coco mou, voilà, et ce jusqu'à l'âge approximatif de deux ans et demi. Ce qui fait donc qu'on pourrait facilement mouler sa tête dans un entonnoir orange (primordiale, la couleur) et faire de lui le premier véritable conehead connu de ce monde de cons (désolée, je me suis laissée emportée par la syllabe "con" (et par les parenthèses également, il faut croire.)) Mais bon, si nous voulons lancer Bébé dans le monde sans le contraindre à subir les moqueries de ces camarades de classe, vaut mieux demeurer dans le fantasme. Donc, après plus de deux ans, le mou devient dur (c'est un peu plus long à cet âge-là, qu'est-ce que vous voulez, les bébés pratiquent le tantrisme.) Les fontanelles disparaissent, laissant place à une enveloppe crânienne bien solide.

Mais qu'en est-il des fontanelles de l'Existence ? Au cours de notre vie, même si nous ne nous abreuvons plus au sein maternel, nous devons faire face à des périodes de "mou." Où tout est à former, où tout est à créer. Au travers de combien de fontanelles passons-nous dans notre vie ? Comment être certain que le "mou" est bel et bien devenu "dur", alors que rien de tout ça n'est palpable comme jadis ? Les fontanelles de l'existence ne sont pas tactiles, elles vivent au fond de nous. Certains peuvent trouver leur emplacement et jouer si fort dans notre "mou" que des petits coneheads concaves poussent à l'intérieur de nous. Nous ne voulons certainement pas de ces entités dans notre corps. Tout est toujours à reconstruire. Les questionnements amènent le doute, mais le doute amène la connaissance. Et la connaissance, et bien... ça amène d'autres questionnements. Les fontanelles évoluent, au fond. Il y a peut-être plus nuancé que le mou et le dur. Du semi-mou, du semi-dur, on a déjà vu ça dans d'autres circonstances.

Est-ce que la fontanelle du début de l'âge adulte est celle qui prend plus de temps à durcir ? J'aimerais qu'elle se solidifie avant d'être envahie. On élimine ça comment, des coneheads ? Avec un presse-agrumes en argent ?

dimanche 9 novembre 2008

Les Montagnes Préhistoriques

Lors d'interminables périples routiers au travers de régions montagneuses, je me mets rapidement à rêvasser, le regard fixé vers l'extérieur. Je ne sais pas si c'est dû aux courbatures atroces qui me turlupinent tout au long du voyage et qui m'amènent à vouloir quitter mon enveloppe corporelle, et du même coup "mon gros bon sens", mais je me plais à croire les montagnes recouvrant nos terres ne sont rien de moins que des dinosaures endormis. Ou d'autres sortes de monstres d'une ère fort fort lointaine. La montagne, celle que l'on voit, serait en fait le dos de la bête, les arbres s'y trouvant représenteraient les poils hirsutes de cette dernière et animaux et humains, d'infectes parasites. Lesdites Montagnosaures se sont même adaptées au climat du pays où elles se trouvent. Au Nord, le poil des bêtes est moins hirsute et beaucoup plus dense, ce qui fait qu'on a l'impression que la montagne est recouverte d'une espèce de mousse, mais il n'en est rien. Elle ne veut tout simplement pas avoir froid. Peut-être qu'au fond, les tremblements de terre sont dus aux ronflements des montagnes-dinosaures. Combien de temps resteront-ils bien endormis ? Nul ne le sait.

Ne soyons pas dupes, restons vigilants, on ne sait jamais quand les Montagnosaures vont se réveiller et se venger de nous, qui les avons vêtis de ceintures de pylônes. Ce n'est peut-être pas à la mode, chez les dinosaures. Ne faisons pas de bruit, laissons-les dormir.

Laissez-moi rêver.

mercredi 29 octobre 2008

Pieds Palmés


Hier, alors que je sirotais avec allégresse une Coup de Grisou, fidèle à mes habitudes du mardi soir, je me suis mise à avoir des idées farfelues pour une future soirée cocasse (sans cockatiel.) J'imaginais à haute voix, en écran couleur HD, avec des sous-titres, un moment magique où je me retrouvais avec un ami tout aussi absurde que moi, dans ma très profonde baignoire, remplie de mousse et de petits canards jaunes. Nous ferions des bulles sans cesse. J'aurais des lunettes de piscine et lui, un masque de plongée avec tuba. Nous arborerions tous deux fièrement une petite bouée gonflable en forme de canneton sur nos hanches, mangerions des oursons en jujube et buverions du jus de raisin. Et, malgré ses grands pieds, il chausserait des palmes jaune fluo. On s'arroserait, il y aurait de l'eau tout partout, ce serait hilarant. Ma colocataire arriverait à cet instant, et ouf, quel moment loufoque nous viverions tous ensemble, Presque une annonce de Rogers.

Mais bon, même LUI, a trouvé que j'exagérais. Depuis, je me cherche un autre ami plus ouvert d'esprit qui accepterait volontiers le port des palmes. Des intéressés ?

lundi 27 octobre 2008

Chapeau et veston rouges

J'ai toujours rêvé d'une vie plutôt modeste, d'une luxure assez nuancée pour qu'on demeure digne de l'apprécier. Un château de 266 chambres ? Rouler en Rolls-Royce ? Très peu pour moi, merci. Je ne vois pas vraiment l'utilité de tout ça. Par contre, je caresse le rêve pas très secret d'avoir mon propre petit singe à chapeau et veston rouges. Un singe-serviteur, en quelque sorte. Non pas que je sois paresseuse mais... en fait, c'est tout à fait pour cette raison. Un singe à chapeau et veston rouges qui irait me chercher du lait ou des chips au dépanneur lorsque je suis trop lâche pour m'habiller et aller le chercher moi-même. En ce moment, mon cher petit singe pourrait plier et serrer tout les vêtements qui reposent sur mon lit, tout frais sortis de la sécheuse, et qui devraient, si ma tendance se maintient, rester échoués deux ou trois jours encore avant que j'amorce le rangement. Mon petit singe chéri pourrait même me faire un massage du cou de ses petits doigts fins pour ainsi soulager les courbatures engendrées par un trajet de dix heures d'autobus-voyageur. Il serait bien traité, mon petit singe, loin d'être un esclave. Je serais bonne pour lui en caresses et en baisers sans jamais tomber dans le piège de la zoophilie. Il aurait une place de choix au pied de mon lit. Mais bon, pour l'instant, c'est là que repose mon chat, avec ses troubles de comportement, celui-là même qui juge comme une excellente idée d'inonder couette et matelas de son liquide moribond. Celui à qui la litière ne convient plus, qui rêve plutôt d'un endroit plus douillet pour se soulager. Mon petit singe ne ferait pas ça, lui.

Quelqu'un a un petit singe à chapeau et veston rouges à échanger contre un chat charismatique ?

lundi 29 septembre 2008

Suivre l'hypothénuse


Depuis le secondaire, je voue un profond culte à Pythagore, célèbre philosophe et mathématicien grec, à qui l'on doit notamment le Théorème de Pythagore (logique jusqu'ici, n'est-ce pas ?) C'est bien la seule chose importante que j'ai apprise et retenue de mes cours de mathématiques. Enfin un théorème qu'on peut appliquer à la vie de tous les jours. Car oui, je l'avoue le théorème de Pythagore guide mes pas. Je suis l'hypothénuse. Peu importe les obstacles, petits ou grands arbustes, grand-père en bedaine, gerbe de pétunias, j'ai bien compris le raccourci évident qu'offre la ligne droite. Et vous aussi, j'en suis bien certaine. À moins d'être dotés d'autant de capacités intellectuelles qu'un simple zygote, ce qui est toutefois une possibilité. Le seul problème, c'est lorsqu'on veut tellement bien appliquer le théorème de Pyth qu'on en vient à l'utiliser dans une sphère moins concrète que le plancher des vaches. Quand on tourne les coins ronds. Quand on suit l'hypothénuse pour prendre des décisions. On arrive peut-être à la même destination au bout de la ligne, un peu plus rapidement, certes, mais on ne saura jamais quels paysages on a manqué, ni quelles merveilles on aurait pu découvrir si on avait oublié l'espace d'un moment un théorème auquel on tient tant... Suivre l'hypothénuse peut parfois devenir un cercle duquel il semble difficile de sortir.

On tourne en rond, on répète les mêmes hypothénuses, on prend toujours les mêmes raccourcis.

samedi 16 août 2008

Non-qualifiée


Si je ne me retenais pas, j'enfoncerais mes crocs dans sa succulente jugulaire juteuse et j'extirperais tout son sang jusqu'à la dernière goutte.

Malheureusement, je ne suis pas un vampire. Dommage.

mercredi 13 août 2008

Nainpertinent

Étant moi-même une personne d'une taille assez réduite, j'ai presqu'un grand respect pour les nains, ou plutôt les personnes de petite taille, pour ne pas les froisser. On pourrait croire que cette sympathique espèce de quasi-humains se reproduit de nains en nains au fil des générations. Or, apparemment que les nains n'engendrent pas des nains. Fait étonnant, n'est-ce pas ? Les nains ont plus souvent qu'autrement des enfants de taille dite normale, même si le nanisme est une condition héréditaire. Ce qui explique sans doute pourquoi on ne voit jamais une famille de nains au Coin des Petits dans les centres d'achats. Ça doit être un peu perturbant pour un enfant de voir qu'à huit ans, il dépasse déjà sa mère ou son père de plusieurs pommes. Leur période de gestation semble correspondre à la nôtre, ce qui me fait croire qu'ils sont peut-être des mammifères.

Il existe cependant une différence entre les nains et les lilliputiens. En parlant de lilliputiens, je ne fais pas référence au petit peuple imaginaire des aventures de Gulliver, loin de là. Ils existent, Ô que oui, bien qu'ils sont maintenant éparpillés en petit nombre aux quatre coins de la planète (en supposant bien sûr que la planète soit un quadrilatère.) Les lilliputiens, également connus sous le nom de nains hypophysaires, sont différents des nains proprement dits par leur corps plus proportionnel. Vous ne trouverez pas de personnes avec une disproportion des membres commune au nanisme, nullement question de petits bras de nain tout enflés ou d'un pas de course défaillant (Exemple : Luc Senay.) Le liliputien moyen vous apparaîtra simplement comme un humain de taille normale qui a rétréci au lavage.

Ouvrez l'oeil la prochaine fois que vous croisez une personne de petite taille. Ce n'est peut-être pas un nain. C'est peut-être un liliputien. C'est peut-être moi.